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04/08/2008 0:07
Vers en lettre (0 commentaire)

Cette lettre cent fois que j’ai écrite en vain

Par la voix, la pensée, par la tête étourdie

L’espérance un moment de t’approcher enfin

Est bien le seul serment que mon cœur ait trahi

 

Chaque mot, chaque phrase et même les virgules

A te parler de toi, de ta beauté céleste

Obéissent en cœur, sémantique interlude

Pour condamner mon âme et commander mon geste

 

Mille fois j’ai voulu, ô funeste secret

M’abandonner ainsi, me livrer par écrit

Mille fois l’espoir d’être à nouveau l’Autre aimé

M’avait porté à te reconfier ma vie

 

Mais l’Amour si subtil, comme le cœur, redoute

La malheureuse pensée de revivre par toi

Que ce soit une nuit, et mille autres sans doute

Ce jour triste et amer, pour la seconde fois

 

Mon cœur bondit de joie sous cette lune ronde

Où j’ai reçu tout bas ce bout de papier blanc

Cette partie de toi, ce petit bout de monde

Cependant fut pour moi le début du tourment

 

Il n’y a pas une heure pas même une minute

Où jusque dans mes songes tu n’as pas été là

C’est ici mon malheur, ma faiblesse, ma chute

Car la vie sans ton goût est devenue mon plat

 

Ton amour j’en suis sûr serait doux et sincère

Ensemble et réunis enfin nous vivrions

Mais viendrait le temps où de nouveau sur terre

Tu faucherais ma vie comme autant de moissons

 

Aujourd’hui ne me reste qu’une alternative

Accepter ton présent et resouffrir ta loi,

Ou contre tout bon sens vivre seul et sans toi

Dans le refus confus de toutes tes missives

 

Mon courage faiblit à écrire cette lettre

C’est mon amour pour vous qui témoigne sans cesse

Du profond désespoir où se trouve mon être

Epris de votre voix, Vierge de ma messe

 

Mais la vie ne mérite pas d’être vécue

Sans guide, sans clarté, sans toute ta lumière

De mon plus doux secret, ô mon aimée perdue

Sois la juste gardienne et l’unique héritière.

A vous les studios

AVLS





29/07/2008 21:00
L'année zéro (0 commentaire)

Cliquetis, étincelle, flamme.

Dieu alluma une cigarette. Il prit une profonde bouffée, une libération.

Je devrais arrêter de fumer…

Bout incandescent, pause.

Quel bordel. Tout à recommencer.

Lundi.

Dieu avait beaucoup travaillé, tard et longtemps. Dur même. Il croyait en avoir fini après six jours. Le septième était censé être un jour de repos.

Réveil sournois, difficile, pire qu’un lendemain de cuite. Un mal de crâne à vous arracher les cheveux de la tête.

Dieu errait dans la rue, à la recherche d’une solution. Un clochard tenta de lui soutirer de l’argent mais Dieu avait tout juste de quoi se payer un demi.

Hors de question.

Dieu contempla le massacre, le libre-arbitre. La capacité des hommes à modeler le monde à leur image, à modeler Dieu à leur image. Qui aurait pu prévoir un tel renversement de situation. C’était le jugement primaire en lieu et place du jugement dernier.

Dieu était devenu impuissant. Trop de chose à faire, il céda à l’ennui. L’ennui de tout recommencer, de reprendre les bases. C’est trop tard. Je suis crevé.

On verra demain.

Quel bordel, putain. Tout à recommencer.

 

  

Radioréveil, café, clope. Mardi.

Bon !, commençons par le commencement. Ah oui, le jour, la nuit, le ciel, les créatures, l’homme et tout et tout.

Dieu regarda par la fenêtre. Il contempla quelques minutes le soleil déjà haut dans le ciel.

A quoi bon, le mal est déjà fait. Peut être vaut-il mieux rafistoler que tout recommencer. Les hommes ne sont peut être pas si mauvais que ça après tout. Je les avais faits à mon image à la base, il doit bien y avoir subsisté un peu de bon, au fond… caché… là.

Et il entendit un cri, une rumeur, un appel.

Fort, vibrant, encombrant. Dieu tomba à la renverse. Les hommes l’appelaient, lui demandaient conseil. Pourquoi ne jouait-il pas son rôle. Pourquoi les avait-il abandonnés.

Cliquetis, étincelle, flamme.

Un nuage passe.

Quel bordel. Tout à recommencer.

  

 

Radioréveil, café.

Mauvaise nuit, matelas pourri, trop de bruit dans sa tête, plus de clope. Dieu sorti prendre l’air pour se remettre les idées en place. Béton crasseux et moite. A sa droite, du vomi, à sa gauche, les poubelles de l’immeuble.

Il faudrait que je change de quartier.

Dieu traversa la rue, manqua de se faire écraser et envoya paître le chauffard.

Il était encore tôt mais le bar était déjà quasiment plein.

Un café et un paquet de sèches, patron.

Dieu compta sa monnaie sur le comptoir et donna l’appoint. Vu le prix des clopes, le pourboire attendra. Dieu n’était pas d’humeur à exaucer les prières.

Cliquetis, étincelle, flamme.

La sainte trinité.

Mercredi.

 

Nuit encore pire que la précédente. Dormi 3 heures au grand max.

Remord, ennui ou dépression, clope, bière.

Jeudi.

Le cancer ou une bonne cirrhose me guette. Sourire. Il serait peut être temps de m’occuper de ma foi. Sourire.

Après tout, les hommes ont du bon, ils ont inventé les blagues vaseuses.

Dieu alluma la télé. Ils repassaient de vieux sitcoms. L’ennui envahit la pièce. Son mal de crâne repris de plus belle. Des millions de voix parlaient dans sa tête, s’égosillaient, priaient. Impossible de les entendre, impossible de les arrêter. L’immense cacophonie de l’espoir l’empêchait de penser, de réfléchir, d’agir.

Il monta le son du téléviseur en espérant couvrir le bruit assourdissant dans sa tête.

Bruits sourds et répétés contre la cloison.

Tu vas l’éteindre ta saloperie de télé ou je viens t’en coller une !

Voisin mécontent. Dieu éteignit et se prit une bière.

Cliquetis, étincelle, flamme.

Ceci est mon sang.

 

 

Vendredi.

Pas fermé l’œil de la nuit. Toujours ce putain de bruit dans ma tête.

Radioréveil inutile. Dieu ne dormait plus. Double dose de café, clope.

Dieu décida de sortir, s’aérer, oublier. Oublier ces voix, ces satanés voix qui ne le quittaient plus et amplifiaient d’heures en heures, de jour en jour.

Dieu n’arriva pas à dépasser son trottoir. La douleur devenait insoutenable. Un voile passa devant ses yeux et il s’écroula dans ce même vomi qu’il avait aperçu deux jours auparavant.

Comme habitué à un spectacle semblable, personne n’aida Dieu à se relever.

Les membres tremblant, Dieu parvint tout de même à se hisser sur les marches de son immeuble et se laissa tout à fait retomber, s’abandonnant à la douleur qu’il ne parvenait plus à contrôler.

Il hasarda une main dans la poche de son pantalon et y trouva son paquet de cigarettes.

Cliquetis, étincelle, flamme.

Ceci est mon corps.

 

Samedi.

L’effort surhumain que Dieu était parvenu à faire pour retourner dans son appartement lui avait ôté toute force. Il n’avait pas même essayé de se remettre au lit, sachant vaines les tentatives de dormir et trouver un peu de repos.

Foutez-moi la paix.

Mais les voix ne lui quittaient pas. Elles avaient désormais pris possession de tout son corps. Ce n’était plus guère du sang qui coulait dans ses veines mais d’innombrables supplications torrentielles qui se déversaient dans tous ses membres et le condamnaient à la paralysie.

Trop.

Il y en avait trop. Trop de souffrances accumulées. Trop d’espoir ultimement porté. Trop de haine et de violence chaque jour entassées qui toutes ensembles coulaient maintenant à flot dans l’esprit d’un Dieu devenu Homme.

Il aurait souhaité les aider, ses fils. Colère, injustice. Mais vers qui se tourner. Dieu n’était plus. Dieu ne sera plus.

Dieu ouvrit la porte de son four, et laissa s’épancher le gaz qui peu à peu occupa toute la pièce.

Cliquetis, étincelle, flamme.

Le repos éternel.

 

 

 

A vous les studios 

AVLS

 

 

 

                                         





18/07/2008 19:36
un jour comme les autres (0 commentaire)

Il rentre chez lui.

Comme tous les soirs après le travail, il prend à la hauteur de la fontaine Saint-Michel le bus 27 pour se rendre rue Nationale dans le XIII° arrondissemnt, soit un parcours d’une vingtaine de minutes, quand les rues ne sont pas trop bouchées.

Le temps est à la pluie. Non pas encore à l’orage car les quelques gouttes d’eau, si elles suffisent à moucheter ça et là son grand manteau noir, ne rendent pas nécessaire un parapluie, qu’il garde de toute façon sur lui, bien au sec, dans sa sacoche.

Ce soir-là, il est heureux. Aucune raison particulière ne le pousse à ce contentement mais il aime l’atmosphère, les couleurs, les odeurs de cette fin de mois de septembre qui à cet instant précis semblent n’être rassemblées que pour lui.

Le ciel est d’un gris bleuté. La nuit commence à s’installer mais le cœur de Paris, de sa vibrante lumière, transmet au rideau nuageux qui le surplombe une timide clarté.

D’un magnifique gris-bleu, le ciel sera bientôt gris-rose. Cette même luminosité, à la nuit tombée, remplace la texture du plafond voilé.

Il le sait, il l’a déjà vu et ce soir, il souhaite le revoir.

 

Son bus arrive. Les gens commencent à s’agglutiner à son approche et s’entassent, serrés les uns aux autres, dans cette promiscuité citadine si connue des parisiens qui n’y font même plus attention.

Il reste à sa place, vois la foule prendre appui, se tenir aux barres, s’agripper aux sièges, se coller à la vitre. Le bus démarre dans un vrombissement de moteur et les nombreux touristes entraînés à leur insu dans cette grande cage n’ont qu’à peine le temps d’anticiper l’accélération et ne se rattrapent que de justesse à tout ce que leurs mains peuvent saisir.

Le bus parti, il prend alors une profonde respiration tout en admirant, il lui semble pour la première fois, la si belle enfilade de ce si beau Saint-Michel haussmannien.

Il aperçoit un peu plus haut la grande intersection du « Boulmich » et du « Boulger » et croit même deviner les ruines du musée Cluny. Encore plus loin il y a le Sénat et son parc, cloisonné par de hautes grilles peintes en noir.

Le Luxembourg doit être fermé à cette heure, dommage…

Mais, refusant cette triste vérité, il décide de marcher jusque là, ne serait-ce que pour entrevoir même un instant, même depuis l’autre côté de la grille, ce coin de verdure si prisé les jours de beau temps.

Il remonte ainsi le boulevard Saint Michel et machinalement refait à pied le trajet que tant de fois il n’avait fait qu’en bus, pour gagner du temps.

Il contemple quelques minutes le parc et son bassin, mais est très vite ramené à la réalité par un autre 27 qui d’un coup de klaxon met bruyamment en garde quelques piétons étourdis.

Il le laisse à nouveau passer, préférant au roulis automobile, le dandinement pédestre.

Le temps fraichit. La pluie se fait de plus en plus insistante et l’obscurité continue sa sombre marche.

Après avoir traversé le boulevard, laissant sur sa gauche la rue Soufflot et son panthéonique promontoire, il s’engage du même pas calme et naïf dans la rue Gay Lussac. A l’intersection de la rue Saint Jacques, il s’arrête quelques instants et contemple d’un œil amusé un groupe d’étudiant qui, cigarette à la main, se racontent leur journée en s’interrompant mutuellement de quelques éclats de rires.

C’était le bon temps pensa-t-il…

 

Un coup de tonnerre ainsi qu’une pluie désormais battante lui firent presser le pas. Un coup d’œil en arrière et il aperçoit un troisième 27 qui de son petit carreau orange lumineux annonce la promesse d’une fin de trajet moins humide.

Il faudrait que j’arrive à l’arrêt suivant avant lui. Il y a un arrêt un peu plus loin.

Mêlant le geste à la parole, il referme son col, réajuste son manteau et cherchant à éviter la pluie de plus en plus glacée il presse la pas jusqu’à l’arrêt de la rue Claude Bernard.

Il s’y abrite.

Le bus s’approche. Il fait un signe discret à son conducteur et de l’autre main cherche son ticket de transport au fond de la poche de son pardessus.

Il esquive d’un pas en arrière l’éclaboussure que provoque le bus en se rapprochant du trottoir, attend l’ouverture des portes et monte les marches, le sourire au coin des lèvres.

Il gratifie d’un hochement de la tête le chauffeur et cherche une place. Le bus est moins bondé. Il parvient à s’asseoir.

La prochaine fois, s’il ne pleut pas, je ferai tout le trajet à pied, se promit-il.

A vous les studios





11/07/2008 19:19
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20 août 2007, carrefour des Gobelins, XIII° arrondissement.

 

Jeune étudiant en vacance, il aimait à passer son temps dans les cafés. Seul, ou accompagné de ses amis, son loisir préféré était de pouvoir profiter de son temps comme il le désirait. En deux mot comme en cent, le métier d’étudiant un peu feignant sur les bords lui allait à la perfection.

Ce jour là donc, comme tant d’autres, il s’était installé à la terrasse d’une brasserie et sirotait tranquillement une bière. Son baladeur sur les oreilles, il reproduisait sans s’en rendre compte le rythme percutant de la batterie sur la petite table ronde qu’il avait aujourd’hui choisi pour être son quartier général.

Le volume à fond, il faisait ainsi profiter à tout son entourage de sa passion pour le hard rock.

D’un air presque amusé il goûtait jusqu’à plus soif de cette sensation où, bercé par la musique même tonitruante, plongé dans un univers parallèle, sourd et étranger à tout le reste, il pouvait regarder d’un œil inquisiteur le monde qui l’entourait sans même avoir l’impression d’en faire partie.

Il y a du monde pour un mois d’août, pensa-t-il…

 

Il faisait un temps magnifique. Le ciel était bleu. Pas une graine de vent. La chaleur quasi caniculaire était quant à elle accentuée par la réverbération goudronnée et par l’incessant va et vient des voitures et des autobus.

Benoît avait bien évidemment prévu la chose et un fin débardeur assorti à son pantacourt lui faisait profiter du soleil plus qu’il n’en subissait les effets. Mais surtout, une nouvelle paire de lunette, à la mode déjà dans les années soixante-dix, complétait son look de skatteur des beaux quartiers.

Ses lunettes avaient en plus un second objectif, mystérieux pour personne, à savoir la contemplation discrète mais pourtant poussée des jolies filles qui arpentaient le boulevard. Une de ses plus grandes satisfactions fut lorsque, à l’imitation de notre Marilyn, une jupe légère s’envola laissant apparaître l’espace d’un instant l’objet de toutes les convoitises.

Depuis ce jour, Benoît ne les quittait plus, convaincu qu’il était que sans elles, ou plutôt sans l’assurance qu’il en retirait pour satisfaire à sa guise sa curiosité masculine, il n’aurait jamais osé regarder avec autant de désir le spectacle qui soudain s’était offert à lui.

 

C’était donc comme à son habitude estivale qu’il attendait là ou du moins qu’il patientait, car nulle raison particulière ne l’avait poussé à s’installer ici plutôt qu’ailleurs, à ce moment plutôt qu’un autre. Il habitait non loin, il était en vacance. Ca s’arrêtait là.

Seul le choix de la table où s’asseoir avait revêtu une importance stratégique. Ouverte sur la rue, elle offrait un panorama imprenable à 180° sur le théâtre urbain du carrefour des Gobelins, à la juste intersection des boulevards de Port-Royal, de Saint-Marcel, d’Arago et de l’avenue des Gobelins. Ces quatre grandes travées haussmanniennes qui semblaient plonger vers le cœur de Paris.

D’où il était assis, il pouvait voir les grands panneaux blancs. Ils indiquaient à tour de rôle Denfert-Rochereau le rugissant, Châtelet la populaire reconstruite, Montparnasse et sa sombre verticalité, le Panthéon et ses grands hommes, Austerlitz la victorieuse…

Mais que peut un millénaire d’histoire face à l’éternelle énigme des jambes fines des passantes.

Comment peuvent espérer lutter à armes égales les forces vibrantes de la Capitale avec la simplicité majestueuse d’une silhouette féminine.

La question mérite d’être posée. La réponse est néanmoins toute trouvée pour lui. Ce n’est pas qu’il soit dépourvu de toute sensibilité scientifique ou culturelle, ni même qu’il ignore le riche passé de la ville qui l’a si bien accueilli. Mais, alors qu’un sursaut de curiosité lui fait se demander que peut bien venir faire à Paris une place d’Italie, la réalité vient très vite reprendre ses droits en l’apparence d’une créature de rêve. Le maréchal Juin est à son tour défait, incapable de remporter sa dernière bataille.

 

Benoît était donc sagement assis à la terrasse de ce café. Il profite d’une accalmie dans le flux des passants pour s’allumer une cigarette. Il est vrai qu’elle donne naturellement un air détaché, distant, confiant. Et puis il aime ça, alors pourquoi s’en priver.

Entre deux bouffées, il continue à siroter sa bière. Il est bien. Si bien qu’il na pas encore vu le couple qui s’installe près de lui et qui lui aussi, mais à sa manière, profite de l’agréable atmosphère. Ils sont jeunes, ils sont beaux, ils sont amoureux.

Lui aussi a déjà été amoureux, une fois. Enfin il croit, disons qu’il n’en est pas sûr. Peut-on dire que l’on est amoureux lorsque l’on a jamais adressé la parole à l’Autre désiré ? C’est bien possible mais il n’aime pas trop y penser, alors il reprend une autre cigarette.

C’est justement en prenant son briquet posé machinalement sur la table qu’il remarque enfin ses nouveaux voisins.

 

La fille lui plairait bien aussi. Ses cheveux blonds ondulent élégamment sur ses épaules. Mais elle regarde son amant avec tant de profondeur. Ils ne se parlent pas mais communiquent certainement par d’autres moyens, imperceptibles pour le profane. Ils respirent à l’unisson. Ils sont amoureux et ça se voit. Cela crève les yeux même.

Benoît allume sa cigarette et se replonge avec encore plus d’avidité dans la recherche de l’âme sœur parmi le tourbillon humain qui s’étale sous ses yeux, qui court au rythme frénétique de la batterie qui résonne de plus belle dans ses écouteurs.

Une nouvelle chanson a débuté.

Je suis trop timide, se dit-il à lui-même, c’est ça mon défaut….

A vous les studios


08/07/2008 23:40
C'est l'histoire de ... (0 commentaire)

C'est l'histoire d'un gamin... quoi... qui d'autre ?

Bon je reprends, c'est l'histoire d'un môme, à peine trois ans, quelques mèches de cheveux blonds en bataille, deux ou trois apparitions dentaires ça-et-là, une tétine en guise de collier ainsi qu'un doudou en boudouillère et surtout, surtout, une peau rose, si douce et si sucrée qu'il dégageait dans son sillage un parfum magique, une senteur exquise, une trace indélébile.

Ce bonbon rose à quatre pattes savait qu'il valait mieux que les autres. Il savait que les dieux l'avaient créé un jour de visite guidée dans une chocolaterie. Et parce qu'il sentait si bon, parce qu'il sucrait si fort, c'était en souverain absolu qu'il se promenait dans les allées sinueuses des châteaux de sable de son paradis terrestre.

Jour après jour, il gratifiait d'un coup de pelle sur le crâne, tel François Ier adoubant le chevalier Bayard, les sournois sujets qui peuplaient également chaque après-midi les immensités dunaires du bac à sable public.

Vous avez-dit sournois ? comme c'est sournois... Car en effet, une bande de caïds, que d'aucun nommait "les p'tits durs" avaient jurer la perte du prince dans un complot atroce, quitte pour cela à vendre leur quatre-heures au diable.

Leur plan était simple mais fort bien conçu. Ils ne doutaient pas un seul instant que le poids du nombre aurait facilement raison de toute vélléité de résistance, mais le problème le plus épineux était de réaliser leur triste projet au nez et à la barbe des dieux, qui bien que discutant entre eux perchés sur les bancs publics, gardaient un oeil vigilant et continuaient d'intervenir dans chacune des querelles politiques qui avaient jusque-là vu le jour au royaume des culottes courtes. Le génie d'un des "p'tits durs" fut alors d'inventer une arme secrète : la diversion. Dès lors plus rien n'était impossible et à coups de ah et de oh, les conjurés signèrent de leur sang et remirent au lendemain l'execution du projet "bye bye baby".

Le jour J arriva à 16h comme convenu. A 16h01, les suppôts du diable se réunirent. A 16h03 tous les rôles furent assignés. A 16h05, les places furent prises. A 16h06, l'opération débuta. Feignant une convulsion par hyponatrémie grave induite par la venlafaxine, un des compères provoqua un tel effroi auprès des dieux, que tous les regards cessèrent à l'instant de se tourner vers la scène du crime. Dès cet instant, surgissant tel l'aigle noir, les conjurés se jettèrent sur leur roi, le baillonnèrent et commencèrent à édifier sur son corps gesticulant le plus grand château de sable jamais construit de main de bébé. Pelles, rateaux, sceaux, petites voitures, poupées, tout fut réquisitionné afin de bâtir pour leur pharaon le plus beau des tombeaux.

L'édifice prenait une telle ampleur, son architecture se dotait d'une telle précision que sa construction fit même oublier à ses bâtisseurs la nature de ses fondations. C'était comme oublier que les cathédrales se sont bâties sur les deniers du pauvre, que les pyramides se sont élevées sur le sang des esclaves ou que les empires se sont agrandis sur le corps des soldats, c'était beau... c'était irréel... c'était inoubliable...

Le temps passa, l'après-midi prit fin et chacun, remettant son pouce à sa place, partit le coeur joyeux retrouver la douce atmosphère du foyer familial.

Les dieux n'en surent jamais rien et c'est pourquoi peut être, ils continuent de pleurer...

 

A vous les studios


08/07/2008 22:34
Charte officielle de la Dream Academy (0 commentaire)

art1 : ne rien écrire de trop sérieux

art2 : ne rien écrire de trop vrai

art3 : ne jamais s'ennuyer en écrivant

art4 : ne pas essayer de devenir écrivain

art5 : "aller vers l'infini et au-délà"

art6 : ne rien écrire de trop sérieux

art7 : ne jamais se répéter

art8 : faire preuve d'imagination

art9 : se sortir le balai qu'on a bien souvent coincer quelque part

art10 : rêver.......... enfin

A vous les studios


08/07/2008 22:15
Vous avez dit blog ? (0 commentaire)

Oh nooon... encore un blog ?

Que peut-on bien inventer de nouveau... encore un de ces foutus site où "l'auteur" se prend pour une vedette et veut accéder, ô dieux, au parthénon des célébrités jet-seteuses de nos décadentes années ?

Et bien non, rien de tout ça. Pourquoi au contraire ne pas envisager la chose sous un angle différent. Les gens écrivent, partout, tout le temps, une quantité de choses plus ou moins condamnables, plus ou moins publiables, plus ou moins lisibles, mais qu'importe si l'objectif essentiel est atteint, à savoir le partage. Je ne parle pas d'un sacro-saint partage lénino-trostkiste et je n'en appelle pas davantage à une charité chrétienne d'entraide qu'on pense bien haut mais qu'on dit très bas. Je ne parle pas de ce partage-là. Qui suis-je pour juger, pour condamner ?

Prenons tout simplement le mot partage dans son acceptation la plus commune : la communication et dans son soucis le plus évident quoique trop souvent oublié : l'évasion, par la parole et ici en l'occurence, le verbe. Après tout soyons fous ! Pourquoi ne pas arrêter une minute d'être bien pensant ? Pourquoi ne pas arrêter pendant quelque lignes d'être "conformiste" ? Pourquoi ne pas refuser l'espace d'un blog d'être "routine", de penser "bon", d'écrire "correct"...

C'est en tout cas l'objectif que je cherche à atteindre.. pas pour vous, par pour "eux", juste pour moi... une sorte de journal intime inversé qu'on écrit en sachant bien qu'il sera lu, une sorte de voyage vers mon pays imaginaire ! John Milton n'a qu'à bien se tenir ! Car je l'ai trouvé mon putain de paradis perdu, ce sera ici !

Car oui, je le confesse à mon grand damn, céder à cette tentation d'une écriture intérieure extériorisée, ne fait de moi qu'un pur produit de ce que nous mangeons tout les jours : pub, consommation, quotidien quotidiennisant... le sempiternel métro boulot dodo qui ne laisse plus de place au rêve, à la joie de gravir l'Everest de notre imagination, de partir à la conquête de notre Far West Intérieur. C'est précisémment parce que je tente de me libérer du carcan de la bienséance, du piège du laisser-aller journalier que j'admet y être enfermé ! C'est précisément parce que j'étouffe sous cette immense "enclume" de damoclès que j'avoue la sentir peser au-dessus de ma tête !

Mais à part lutter contre les moulins à vent, dans ce cas, que nous reste-t-il ? Essayer de changer le monde ? who am i kidding... Changer la société ? Trop de politique tue la politique... Se changer ? Est-ce possible ? S'oublier ? C'est se perdre. Juste prendre une bonne bouffée d'air frais et s'accorder sa petite dose de shoot verbale ? N'est ce pas un programme un peu plus alléchant ?

Voyons donc ce qu'on peut faire !

A vous les studios

 

 




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